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Séjour dans le Vercors PDF Imprimer Envoyer
Écrit par LECLERE Arnaud   
Mercredi, 11 Octobre 2006 22:13
Séjour dans le Vercors

Voici le récit de nos aventures vécues du dimanche 25 juin 2005 au 2 juillet 2005.

Il s’agit d’une expédition que l’on baptisera « randonnées découverte à caractère touristique et festif » : bref pour n’avoir que du plaisir tout en se faisant un peu mal quelque fois.
Elle rassemblait Arnaud (alias Nono), Frédéric (alias Théo – non licencié au Boel) Claude (alias le Glôde, Claudio ou encore le vieux) et votre serviteur Serge (alias aussi sergio). Elle fut aussi accompagnée de Régis le normand cousin de D@vid le boelou et de 2 colistiers Vincent et Christian.

De la Bretagne au Vercors
Notre aventure a débuté un dimanche matin au Rheu à 7h00 devant le domicile de votre serviteur. Pour notre expédition nous avons loué un mini-bus Opel Vivaro DCi avec Clim et tout le reste.

Nous y mettons sans problème nos 4 VTT et tous nos bagages. Départ du Rheu à 7h15 pour une traversée de la France via Le Mans, Blois, Bourges, Roanne, Lyon et Villard de Lans. Nous arrivons frais comme des gardons après 11h00 de route malgré les 35° extérieurs (et oui la clim). Pas grand-chose à signaler, juste une déviation vers le col du Pin Bouchain qui nous a fait perdre un peu de temps. Les premiers paysages découverts à notre arrivée laissent présager des parcours VTT de rêve.

Nous avions décidé de demeurer à un seul endroit puis de rayonner sur plusieurs sites pour les randos.
Notre choix s’était porté sur une chambre d’hôte mentionnée dans le Guide du routard comme un endroit charmant et où la cuisine promettait une qualité équivalente au charme des forêts du Vercors. Il s’agit du Val Sainte Marie à Bois Barbu (site de ski nordique de Villards de Lans) à 4 Kms au sud de cette Ville.

Comme vous allez le voir sur les photos, l’endroit est d’un enchantement indiscutable : magnifique jardin fleuri, chalet typique à pas d’oiseaux et prairies d’alpages remplies de …chevreuils à une centaine de mètre de la ferme. Hélas (y’a un piège), le problème c’est la tenancière : Mme Agnès – elle est pas commode, celle là. Nous sommes à peine arrivés que déjà elle s’applique au dressage des 4 ours bretons fraîchement débarqués avec leurs vélos.

Elle nous envoie quelques piques verbales bien senties pour nous remettre dans le droit chemin :  « C’est la première fois que j’accueille des cyclistes bretons, j’espère que je n’aurais pas à le regretter ».

Cependant, tout au long du séjour, nous aurons droit à une cuisine raffinée et à chaque fois nous nous sommes faits un devoir de finir tous les plats, surtout le Glôde qui ne veut pas gâcher !

Lundi : Le tour des Coulmes
Pour notre premier parcours, le lundi, nous choisissons de partir de notre camp de base, Bois barbu . Il s’agit du tour des Coulmes. C’est un plateau très particulier du Vercors nord situé à l’ouest de Villards, il comprend une forêt de hêtres de plus de 20000 ha!

Au sud, les Coulmes sont délimitées par les gorges de la Bourne. A l’ouest, on trouve les Presles (ou aurait été tourné le film « Une hirondelle ne fait pas le printemps ») et au nord le col de Romeyère.

Comme l’accès au circuit demande pas mal de route, nous décidons de corser l’affaire par un chemin de traverse.
Nous démarrons vers 9h30 et déjà la chaleur est assez écrasante. La météo annonce 38° à Grenoble pour la journée. Nous montons au Pas des Rages ( !) par une petite route bien bucolique et pentue. Mais elle ne résiste pas à notre entraînement affuté!

Par contre, la descente s’avère très difficile et même dangereuse par moment.
Nono montre tous ses talents de descendeur mais face à certains lacets donnant sur la falaise, lui aussi est bien obligé de mettre pied à terre.
Le sentier a été par endroit taillé dans le rocher et l’on se retrouve sous la falaise. Pour l’anecdote, nous croisons avec étonnement et admiration , une jeune randonneuse d’au moins 70 ans qui remonte allègrement le sentier.

Nous rejoignons ensuite le village de la Balme de Rencurel pour démarrer une nouvelle ascension. Au départ, nous prenons la route sur 1 km environ pour ensuite rejoindre un GR qui serpente prairies et bosquets. Le chemin monte bien mais le problème est qu’il y a peu d’ombre et la chaleur nous assomme.
Enfin, nous atteignons le col de Romeyère où nous refaisons le plein d’eau avant de poursuivre notre ascension dans la forêt du plateau. A 1400m d’altitude, vers 13h00, nous décidons de faire la pause du midi. Elle a pour cadre une charbonnière bien ombragée. Après avoir dévoré nos sandwiches, chacun pique un bon roupillon. La chaleur au soleil est étouffante mais ici, dans la forêt de feuillus, il fait bon (25°) et seul un geai viendra troubler la quiétude ambiante.

Après 2h00 de pause (et oui c’est pas comme le dimanche matin) nous repartons pour des magnifiques sentiers qui serpentent le plateau. Le profil est descendant.

Nous traversons des clairières sauvages et en profitons pour faire de nombreuses pauses photos. Nous sommes admiratifs de la flore du printemps et des paysages qui s’offrent à nos mollets. Plus au sud, nous découvrons le panorama au bord de falaise sur les Presles. Nous rejoignons une petite route et la fontaine de Pétouze pour refaire un plein d’eau. Nous retrouvons là des cyclos belges en train de se rafraîchir. Nous faisons de même.

Malheureusement, la fatigue, la chaleur et l’eau fraîche sur nos petits cerveaux tous chauds ont raison de notre sens de l’orientation. Nous prenons la route dans la mauvaise direction, c'est-à-dire en descente ! Aie, au bout d’un moment je trouve un PR qui rejoint le circuit mais nous sommes obligés de pousser les vélos pendant quelques kilomètres et l’enthousiasme d’il y a quelques heures laisse place à un silence qui en dit long sur la fatigue.

Mais nous sommes vite récompensés par une descente en sous bois sur un chemin étroit. Sans aucun doute, c’est la plus belle de la journée. Nono qui commençait à envisager de troquer son vélo contre un coca frais et un hamac, repart de plus belle et enfile le chemin comme un mort de faim. Pour les curieux, ce chemin (dit la descente de la Goulandière) est un vrai spot. Il se trouve au dessus des gorges de Chorange : sur internet elle est mentionnée comme l’une des meilleures du Vercors nord.
Finalement, nous retrouvons la route des gorges à la Balme de Rencurel et rentrons assez exténués à Bois barbu après une dernière ascension sur la route d’une dizaine de kilomètre. Bilan de la journée : 70 kms et des jambes de 3 tonnes.

Mardi : forêt d’Herbrouilly, la Chapelle en Vercors et St Martin du Vercors
Comme nous y sommes allés trop fort la veille (pfff) , nous décidons de faire 1 journée de « repos actif ». Nono, (ah les jeunes) décide de rester à Bois barbu pour un repos quasi inactif.
Les vieux, eux, décident de partir en mini-bus (mais avec les vélos dedans !) en direction du sud vercors. Nous traversons ainsi le centre Vercors en passant par la forêt d’Herbrouilly, la Chapelle en Vercors et St Martin du Vercors. Nous décidons de rayonner autour du col de Carri dans la forêt de Lente située à 1100m d’altitude.

Mais c’est avec bonheur que nous découvrons qu’il y a là un restau bien sympa avec une belle terrasse. D’un avis général, nous décidons de réaliser un petit parcours autour du col et faire du repos actif à la terrasse du restau au retour.
La chaleur est aussi écrasante mais rapidement la beauté du décor nous la fait oublier. Nous empruntons le fameux sentier de la GTV (Grande traversée du Vercors) entre le col et la station de Font d’Urle. Après 20 kms environ, séance repos actif devant un bon menu du jour (manchons de canard) : idéal pour la récupération (encore du bonheur).
 Après avoir bien digérés, nous repartons avec notre bus en passant admirer les gorges de Combe Laval – alter ego des gorges du Verdon. Nous nous disons qu’il faudrait bien au moins 3 semaines pour épuiser ce terrain de jeux pour VTT.

Mercredi : Les crêtes de la Molière et St Nizier
Pour le pacours du mercredi, nous sommes guidés par Régis qui habite à Varces dans la vallée au sud de Grenoble. Ne vous y trompez pas, Régis est en fait un Normand (cousin de D@vid) expatrié au pays des montagnes.
Depuis plusieurs mois, il nous a sympathiquement assisté dans la préparation du séjour et a décidé de nous accompagner dans notre périple.

Nous partons vers 10h00 de Villards. A peine avons-nous commencé l’ascension d’une petite route que nous apercevons dans une prairie à quelques centaines de mètres un chamois, oui un chamois qui bouge avec des cornes dessus comme les vrais. Passé l’étonnement, nous suspectons Régis d’être passé auparavant mettre des animaux gonflables pour étonner les bretons. Cependant, après joué les stars devant nos appareils photos, l’animal qui est bien vivant décide de passer sans encombre les barbelés et retourne se cacher dans son bosquet.

Après cette rencontre, nous poursuivons la montée vers le col de la croix perrin par une montée rude et caillouteuse mais faisable (non mais !).
Le ciel est encore bleu mais nous sentons que le temps change. Nous longeons les crêtes de la Molière et les panoramas sur le Vercors nord sont tous merveilleux, mais le temps se couvre…. Nous entamons une superbe descente à travers un alpage avec des vraies vaches à cloche pour rejoindre un refuge.
Régis a prévu que nous pourrions y déjeuner mais malheureusement, celui-ci n’est ouvert au déjeuner qu’à partir du 1er juillet et le maître des lieux ne nous autorise même pas à utiliser les bancs qu’il vient de vernir. Mal lui en prend, car aussitôt le dieu du pêchu nous envoie un orage carabiné dont il a le secret et, en 1 temps record bombarde de grêlons le salon de montagne du Monsieur (hihi). Comme il a pitié de nous (et nous aussi) il nous autorise à utiliser un abri en tôle pour nous réfugier. Très rapidement, le ciel revient couleur Bretagne (bleu) et nous poursuivons la descente vers les gorges du Furon. En remontant vers St Nizier, un nouvel orage nous attaque en traître (salop) !
Les ventres gargouillent (à cause de l’autre c..) et nous accélérons pour trouver une grange sur le parcours. Mais plus on accélère (en montée) et plus on tire sur la bête ! Je râle (ah !) et la fatigue se fait terrible. Après une escale dans un hangar de service, nous achevons la montée à St Nizier par une traversée de prairie très éprouvante. Fort heureusement, au bistrot du coin, un gentil tenancier nous prépare de bons sandwiches salvateurs. 30 minutes plus tard ça repart !
Nous terminons le parcours en retournant sur Villards par le plateau mais qui est plutôt descendant. Nous empruntons de belles petites montées et descentes à vive allure. Le soleil est totalement revenu et par conséquent le moral aussi. Nous finissons à Villard par un pot en terrasse bien mérité. Bilan : 50 kms, quelques grêlons, des grosses gouttes et que du beau encore !

Jeudi : La grande descente chez Régis
Pour cette journée, Régis nous accompagne ainsi que qu’un de ses collistiers Vincent. Il a un très beau Cube noir. Régis, qui n’est pas 1 c.., a décidé de nous faire faire une super descente jusqu’à la porte de son domicile, c'est-à-dire Varces qui est situé dans la vallée près de Grenoble. Pour ne pas avoir à remonter, nous laissons notre semi-remorque dans la vallée et remontons avec Régis à St Nizier. Pendant ce temps, l’autre moitié de l’équipe se munit en sandwiches chez le cafetier de la veille.
Nous entamons alors une montée vers le col de l’Arc (1736m). après un échauffement entre St Nizier et Lans,.
La montée se corse au fur et à mesure que nous avançons vers le col. Le final est un portage dans les pierriers. Chacun monte dans la bonne humeur malgré la difficulté de l’effort. Le ciel est assez encombré, mais nous sentons que le bonheur nous attend de l’autre côté du col. Malheureusement, au sommet, la vue sur la vallée est bouchée par les nuages et il fait parfois assez froid (forcément, à force de se plaindre de la chaleur).

Après la prise de pique-nique réglementaire, nous entamons la descente par un single track très technique. Nono épate même les Isérois par ses talents de descendeur. Théo qui n’a que des V brakes (ce n’est pas une excuse valable) passe beaucoup de temps à côté de son vélo. Le régal est quand même total pour tous. Nous enchaînons toutes les variantes d’une belle descente de montagne. Par moment, la pente est très raide mais ça passe. A la fin de la descente, lors du passage dans un sentier encombré de branches mortes, Théo casse 2 rayons. Bonne raison pour échapper à une descente de marches naturelles que seul Nono (quelle star) arrive à franchir.
Après environ 1300m de dénivelé négatif nous arrivons chez le gars Régis pour une prise de cidre ramenée spécialement de Bretagne ! Bilan de la course : 1900m de dénivelé négatif et 1035 de positif sur 30 kms environ.

Le soir, comme le soleil est de la partie et qu’il nous reste des jambes, Claude et moi décidons de faire une escapade amoureuse autour de Bois barbu. Nous repartons ainsi profiter du soleil du soir autour de notre camp de base. Ceci nous permet de découvrir le belvédère St Julien et la forêt d’Herbrouilly : encore du beau et 15 kms de plus au compteur.

Vendredi : final autour de Villard
Hélas, pour le dernier jour, le temps n’est pas de la partie. Un crachin, nous rappelant un air bien breton, a fait son apparition. Nous sommes tentés de boucler les valises et ne pas rouler. Mais une timide éclaircie et une mauvaise lecture du bulletin météo du Théo nous pousse à faire un dernier effort. En plus, Régis a fait l’effort de monter avec son pote Christian.
Nous saluons sans regret notre bourrique d’hébergeuse qui nous en fait une bonne dernière, puisqu’elle fait même payer les timbres (2euros) à Nono pour ses Chèques vacances. Elle ne nous fait en plus bien comprendre qu’il faut dégager des chambres de suite et se débrouiller par nous même pour les douches après le dernier parcours.
Nous partons donc pour une virée dans la forêt autour de Bois Barbu. Les cîmes aux alentours sont bouchées et il ne servirait à rien de les escalader. Nous abandonnons le parcours initialement prévu.

Après quelques beaux chemins dans la forêt d’herbrouilly et un passage à Corrençon, nous montons par la route à la station de Villards. Là, c’est moins beau puisqu’on retrouve des barres d’immeubles comme dans la plupart des stations alpines. Mais,ça nous permet de nous tirer une bonne bourre dans la côte.
Christian se fait bien mal au genou en tombant sur des pierres. Ah les montagnards ! Faut venir prendre des cours en Bretagne !!
Nous finissons par une belle course de côte sur une petite route qui monte à 14 % !

Ainsi se termine notre séjour VTT.
Nous rentrons ensuite sans histoire sur la Bretagne (arrivée vers minuit au Rheu) avec notre super camion.


Bilan :

- 1950 kms de trajets (y compris sur place)
- 200 kms de sentiers et petites routes du beau, du beau, du miam miam, du bon et encore du beau VTT
- des bons repas et une saleté d’hébergeuse

Finances :
- à 4 cela nous revient en tout à 380 euros par personne

- Trajet (Gas-oil, location du traffic 9 places, péage) : 740 euros – location 490 euros pour 2000kms
- Logement et repas (y compris les sandwiches du midi ) : 800 euro

Les circuits ont été trouvés sur internet et surtout concoctés par l’ami Régis.

Encore une fois, nous tenons à le remercier pour sa gentillesse, sa disponibilité et son accueil. Vraiment sympa le cousin !

Pour l’an prochain, Régis a émis une idée à creuser : Sisteron – Fréjus en itinérant. Il faudrait se relayer pour conduire le(s) véhicule(s) de gîte en gîte.
Mise à jour le Mercredi, 19 Novembre 2008 12:31
 

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